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July, 2004
Rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA)
Étude au travers de 4 exemples:
- Les plantes résistantes à des insectes
- La betterave tolérante au glyphosate
- L'enrichissement en vitamine A : cas du riz doré
- Des microorganismes génétiquement modifiés
INTRODUCTION
Toute avancée technologique
comporte des risques et la transgénèse végétale n’échappe pas à
cette règle. Que ces risques soient faibles ou élevés, la
population ne peut les accepter que si l’avancée technologique
apporte des bénéfices. Il importe donc de faire un bilan du
rapport bénéfices/risques.
Or, dans le cas des plantes transgéniques, exemples les plus
largement connus d’organismes génétiquement modifiés ou OGM,
seuls les risques sont mis en avant, sans que l’on s’interroge
suffisamment sur les bénéfices. Cela est en grande partie dû au
fait que les plantes transgéniques actuellement sur le marché
ont été conçues dans un but essentiellement économique, pour
faciliter la tâche et réduire les coûts de production des
agriculteurs et permettre un profit augmenté pour les firmes
commercialisant ces variétés végétales. Le consommateur, qui
voit dans les OGM un risque possible pour sa santé, ou pour
l’environnement, n’y trouve pas son compte. Il ne voit
décidément pas ce que ces OGM lui apportent actuellement. Il
n'envisage pas les OGM en terme de bénéfice/risque mais
uniquement en terme de risque.
Conscients de cette difficulté, les producteurs d’OGM ont alors
mis en avant des bénéfices probables de ces OGM pour la santé.
En outre, ils ont fait valoir que d’autres plantes
transgéniques, dites de "deuxième génération", pourraient être
conçues non pas dans un seul but économique, mais également dans
celui d'apporter des bénéfices pour la santé des consommateurs,
dans les pays industrialisés comme dans les pays en voie de
développement.
Pour le comité d'experts spécialisé "Biotechnologie" de l’AFSSA,
chargé de l’évaluation des risques liés à la consommation, tant
par l’homme que par les animaux, des OGM et des produits
dérivés, il convenait dès lors de tenter d’évaluer les bénéfices
qui pourraient en résulter pour la santé. En décembre 2001,
l’AFSSA a donc organisé un colloque1 "OGM et alimentation :
peut-on évaluer les bénéfices pour la santé" qui visait à
engager la réflexion sur ce thème. Afin d’approfondir cette
réflexion, le comité "Biotechnologie" a ensuite entrepris
d’analyser en détail quatre cas d’OGM susceptibles d’apporter
des bénéfices en matière de santé au regard des produits
conventionnels. Il a choisi de considérer deux cas d’OGM déjà
sur le marché ou proche de l’être, initialement conçus à des
fins principalement économiques mais pour lesquels des bénéfices
pour la santé ont par la suite été allégués et deux cas d’OGM en
cours d'évaluation, et conçus pour apporter des bénéfices pour
la
santé.
Le premier exemple est celui de plantes résistant spécifiquement
à certains insectes ravageurs (mais sans effet sur les autres).
A ce jour, plusieurs variétés de maïs et de coton résistant à
des insectes et obtenues par introduction d’un gène issu d’une
bactérie de l’environnement, Bacillus thuringiensis, sont
cultivées dans le monde. Un premier avantage de ces variétés
serait de limiter l’emploi des insecticides et donc l’exposition
de la population humaine à ceux-ci. Un avantage connexe de cette
résistance serait de limiter le développement sur les plantes de
champignons produisant des mycotoxines dont certaines sont
cancérigènes. Un examen critique de ces allégations est
présenté.
Le deuxième exemple est celui de la betterave tolérante à un
herbicide, le glyphosate, qui, bien qu’elle ne soit pas encore
autorisée en Europe, a fait l’objet de nombreuses études et
recherches, notamment sur l’impact environnemental au regard du
transfert de gènes à des plantes adventices, mais également au
regard des quantités d’herbicides utilisées et de leurs qualités
par rapport à des variétés conventionnelles. Le présent document
analyse les conséquences possibles sur la santé humaine de ces
modifications dans l’usage des herbicides.
Le troisième exemple est celui du "riz doré", un riz
potentiellement enrichi en précurseur de la vitamine A mais dont
on ne dispose pas encore de variété fixée. Il s’agit là d’une
plante transgénique conçue à des fins nutritionnelles et
destinée à lutter contre une grave carence vitaminique très
répandue dans les pays en voie de développement. C’est donc
clairement un OGM destiné à apporter des bénéfices en matière de
santé. Dans la mesure où cet OGM a été l’objet d’une polémique
sur la réalité de son intérêt en l'état actuel des recherches,
le comité "Biotechnologie" a souhaité faire une analyse aussi
objective que possible des bénéfices qu’il est censé apporter.
Le dernier chapitre concerne les microorganismes génétiquement
modifiés en vue d’application nutritionnelle ou médicale. En
effet, même si aucun OGM de ce type n’est encore sur le marché,
plusieurs sont susceptibles de l’être à relativement court
terme. Un bref inventaire des bénéfices qu’ils pourraient
apporter a donc paru opportun.
1 Les actes du colloque "OGM et
alimentation, peut on évaluer les bénéfices pour la santé ?"
organisé par
l'AFSSA les 17 et 18 décembre 2001 sont consultables au format
pdf sur le site www.afssa.fr
Rapport complet:
http://www.afssa.fr/ftp/afssa/2004-SA-0246-Bénéfices-OGM.pdf
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